La Bérarde - © Thibaut Blais - Parc national des Écrins

Les 7 Villages d’Alpinisme des Écrins

Le Parc national des Écrins est composé de nombreux villages pittoresques et accueillants. Ces villages contribuent, de toute évidence, à l’attrait de ce massif. Les 7 villages que nous vous présentons ici ont donc été sélectionnés en raison du lien particulier qu’ils entretiennent avec l’alpinisme. Ces sept villages sont bien évidemment les points de départ historiques pour des ascensions mythiques, mais ils sont surtout les gardiens d’une culture montagnarde riche et authentique. Ces lieux incarnent une nouvelle manière de découvrir l'univers de l'alpinisme. Ils proposent une expérience où la découverte du patrimoine alpin, les randonnées vers des refuges et la sensibilisation aux conséquences du changement climatique se mêlent pour faire connaître l’alpinisme, discipline classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2019. Chacun de ces sept villages, enraciné dans le Parc national des Écrins, vibre au rythme des passionnés : gardiens de refuge, guides de haute montagne, gardes du parc et scientifiques, tous unis par l’amour de la montagne et la volonté de partager avec vous ce patrimoine exceptionnel.

La Grave

La Grave
La Grave - © Thierry Maillet - Parc national des Écrins

À La Grave, l'alpinisme se révèle dans toute sa majesté au pied du Grand Pic de la Meije, sommet emblématique des Alpes qui culmine à 3 982 mètres. Ce village, souvent cité parmi les plus beaux de France, s'élève à 1 500 mètres d'altitude. Le bourg conserve les traces de son passé fortifié, bien que les enceintes aient disparu. Cela laisse place à un réseau dense de ruelles escarpées, les « trabucs », qui serpentent entre les maisons anciennes. La Grave est également renommée pour son téléphérique des Glaciers de la Meije, inauguré en 1976. Ce téléphérique permet notamment d’accéder très facilement à un glacier plat, idéal pour s’initier à l’alpinisme. La visite de la grotte de glace et la randonnée glaciaire sur le glacier de la Girose permettent de vivre une première très belle expérience en haute montagne. De nombreux refuges sont situés sur la commune de la Grave : le refuge du Fay, le refuge les Mouterres, le refuge les Clots, le refuge du Pic du Mas de la Grave, le refuge du Goléon ou le refuge Évariste Chancel.

Villar-d'Arène

Villar d'Arene
Village de Villar d'Arène - © Ariane Fornia - Parc national des Écrins

Villar-d'Arène tire son charme de ses constructions traditionnelles. Les maisons de pierres aux toits de lauze, les chapelles anciennes et les fontaines pittoresques ponctuent le paysage. Le sentier découverte « Au Fil des Fontaines » est une promenade rafraîchissante et éducative à travers le village. La chapelle Saint-Antoine, située non loin du hameau des Cours, surplombe majestueusement la vallée. Cette vue splendide sur les cultures en terrasses, héritage d'une agriculture ancestrale et du pastoralisme qui ont façonné cette région au fil des siècles, offre une promenade à travers le temps.
Du pont d’Arsine, plusieurs sentiers s'échappent vers des refuges montagnards mythiques tels que Chamoissière, l’Alpe de Villar-d’Arène, le Pavé, Adèle Planchard et l’Aigle. À une courte distance, le col du Lautaret révèle un autre trésor de Villar-d’Arène : le Jardin Alpin. À plus de 2 000 mètres d'altitude, ce jardin botanique est non seulement un sanctuaire pour des milliers d’espèces de plantes et de fleurs alpines de divers continents, mais aussi un pôle dynamique de sciences et de recherches sur la montagne.

Le Monêtier-les-Bains et le hameau du Casset

La Casset
Le hameau du Casset - © Thierry Maillet - Parc national des Écrins

Le Monêtier-les-Bains est renommé pour ses Grands Bains et les pistes de ski de Serre Chevalier, mais c’est son hameau, Le Casset, qui incarne l’esprit pur de l'alpinisme du village. Au cœur de la vallée de la Guisane, Le Casset est un authentique hameau de montagne où le temps semble suspendu. Ce lieu paisible sert de point de départ aux amoureux de montagne désireux d'explorer les vallons du Grand et du Petit Tabuc, véritables joyaux naturels qui ouvrent la voie vers la montagne des Agneaux. Bien que ce versant de la montagne soit dépourvu de refuge – ce qui rend les courses en montagne plus ardues par cette route – son caractère sauvage attire ceux qui cherchent à se mesurer à la montagne dans sa forme la plus brute. Au printemps 2025, le refuge le Clôt des Vaches, situé sous les aiguillettes du Lauzet, sera terminé et pourra accueillir des visiteurs.

Valjouffrey

Village de Valjouffrey
Place du village de Valjouffrey - © Paul Bréchu - Villages d'Alpinisme des Écrins

Le village de Valjouffrey est dominé par une couverture forestière dense, entre 900 et 1 800 mètres d'altitude. Par le passé, trois scieries y débitaient du bois de charpente. La scierie des Gondoins a d'ailleurs été restaurée et se visite en saison. Cet écrin de verdure sert de toile de fond à un relief profondément sculpté par les glaciers du Quaternaire, créant un paysage très encaissé et ponctué de sommets de plus de 3 000 mètres. Le pic de l’Olan, qui culmine à 3 564 mètres, se dresse comme un géant parmi les nombreux sommets de la région et souligne le caractère alpin prononcé de Valjouffrey. La commune est parsemée de hameaux charmants, dispersés dans la vallée pour rester au plus près des terres cultivables. Des lieux tels que La Chapelle-en-Valjouffrey, La Chalp, Les Faures, Le Désert et, dans la vallée secondaire du Béranger, Valsenestre, montrent une vie adaptée au rythme et aux exigences de ce territoire montagneux. Le vallon de Valsenestre, un site d'une beauté exceptionnelle, offre des itinéraires de randonnée qui traversent des paysages alpins typiques, entre alpages verdoyants et sommets escarpés. Découvrez le seul refuge situé du Valbonnais : le refuge de Font Turbat situé au pied de l'imposante face Nord de l'Olan.

Vallouise-Pelvoux

Village de Vallouise
Le village de Vallouise - © Thierry Maillet - Parc national des Écrins

Le village d'alpinisme de Vallouise-Pelvoux, et plus particulièrement son hameau Ailefroide, est un haut lieu de l’alpinisme en France. Ce hameau, habité seulement durant la saison estivale, a conservé un charme inaltéré avec ses maisons traditionnelles de pierre et son ambiance hors du temps. Tout au bout de la vallée, le pré de Madame Carle est un point de départ classique pour de nombreuses courses d’alpinisme. Les Glaciers Blanc et Noir, deux masses glaciaires impressionnantes, forment des paysages sublimes et peuvent être observés depuis des sentiers faciles. Ailefroide sert de camp de base pour les alpinistes, les grimpeurs et les randonneurs de tous les coins du globe. Les grandes falaises de pierre sombre qui dominent ce village sont accessibles à pied. Et lorsqu’on est assis aux terrasses des cafés, on entend les grimpeurs crier dans les voies pour se donner des consignes. En fin de journée, les guides et leurs clients rentrent de la traversée du Pelvoux ou de la Barre des Écrins, et le village vibre alors aux récits de ces cordées qui reviennent des sommets.
De nombreux refuges mythiques vous accueillent sur la commune de Vallouise-Pelvoux : refuge des Écrins, refuge du Sélé, refuge du glacier Blanc, refuge du Pelvoux, Gîte de l’École, refuge de Bans, Chalet Refuge du Pré de Madame Carle.

La Chapelle-en-Valgaudémar

Village de la Chapelle-en-Valgaudemar
La Chapelle-en-Valgaudémar - © Paul Bréchu - Villages d'Alpinisme des Écrins

Gaston Rébuffat n'hésitait pas à comparer les paysages de La Chapelle-en-Valgaudémar à l’Himalaya. Situé le long du torrent tumultueux de la Séveraisse, ce village est dominé par des sommets dépassant les 3 000 mètres, qui forment un cadre spectaculaire et sauvage. La Chapelle-en-Valgaudemar, avec ses maisons traditionnelles ornées de « tounes », des voûtes protégeant les portes d’entrée, incarne l’authenticité architecturale des hautes vallées alpines. Ce village offre un accès privilégié à une multitude de randonnées et de voies d’alpinisme, traversant des paysages d'une beauté brute et préservée. Les sommets comme l’Olan, les Rouies, les Bans, et le Sirac sont des défis convoités, offrant des ascensions pour tous les niveaux d'alpinistes, des novices aux plus expérimentés. Le refuge du Gioberney, point de départ pour de nombreuses ascensions, est le lieu rêvé pour admirer la vue et goûter les spécialités locales. Plusieurs refuges vous accueillent pour vos excusions autour de la Chapelle-en-Valgaudémar : le refuge de l’Olan, le refuge de Vallonpierre, le refuge du Clot Xavier Blanc, le refuge du Pigeonnier, le refuge de Charbounéou et refuge des Souffles.

Saint-Christophe-en-Oisans et La Bérarde

Saint Christophe en Oisans
Village de Saint-Christophe-en-Oisans - © Ariane Fornia - Parc national des Écrins

Saint-Christophe-en-Oisans représente un cinquième de la superficie du Parc national des Écrins, incarne une page vivante de l'histoire de l'alpinisme. Ce village permet de découvrir le patrimoine alpin à travers ses neuf refuges accueillants et ses deux centres alpins. L'âme du lieu, celle des pionniers, est profondément marquée par l'empreinte de « père Gaspard », vainqueur de la Meije en 1877. Au sein du bourg se trouve le musée Mémoires d’alpinismes qui rend hommage aux célèbres guides-montagnards du passé, dont les sépultures jalonnent l’émouvant cimetière local. Des espaces d'exposition et des activités sont régulièrement proposés pour initier tous les publics à la richesse de ce patrimoine montagnard, faisant de ce village un incontournable pour tous ceux qui cherchent à s'immerger dans la culture alpine. Depuis Saint-Christophe-en-Oisans, vous pourrez rejoindre le refuge de la Selle, le refuge du Soreiller, le refuge de la Lavey ou encore le refuge de l'Alpe du Pin.

La Bérarde, le hameau du bout du monde

La Bérarde
Hameau de la Bérarde - © Thibaut Blais - Parc national des Écrins

Le hameau de la Bérarde est un haut lieu de l’alpinisme situé sur la commune de Saint-Christophe-en-Oisans. Ce village marque la fin de la route. Ensuite, c’est à pied que l’aventure se poursuit. En hiver, la route qui y mène n’est pas déneigée. Rares sont donc ceux qui viennent à la Bérarde à cette période. La Maison de la Montagne à La Bérarde joue un rôle essentiel dans la transmission des connaissances et des traditions alpines. En explorant cette vallée glaciaire particulièrement propice à la randonnée, les visiteurs sont accueillis par le spectacle naturel du Vénéon, dont les eaux limpides et souvent turquoise créent un contraste saisissant avec les montagnes environnantes. Le village de la Bérarde est enveloppé par d'impénétrables montagnes telles que la Meije, la Barre des Écrins ou encore les Bans. La Bérarde est le point de départ vers le refuge du Promontoire, le refuge du Carrelet ou le refuge de Temple Écrins. Vous pourrez également découvrir le Chalet Alpin de la Bérarde, le seul refuge de cette liste situé dans le hameau.

Un projet fédérateur pour les acteurs de la montagne.

Villages d'alpinisme

En 2021, le massif des Écrins a vu naître une initiative singulière et fédératrice : la création de 7 Villages d’alpinisme. Cette démarche, pilotée par l’Agence de développement touristique et économique des Hautes-Alpes (ADDET) en collaboration avec le Parc national des Écrins, s'inspire directement des « Bergsteigerdörfer » autrichiens. Ce label, instauré en 2008, a rapidement essaimé vers d'autres pays alpins. Il témoigne de l'engouement croissant pour une pratique de l'alpinisme respectueuse de l’environnement et des traditions locales.


Source

Parc national des Ecrinshttps://www.ecrins-parcnational.fr